L’Europe centrale à Pieds
Je n’aurai jamais cru que ce voyage m’aurait tant inspiré !!
J’aimerai vous partager mon parcours de l’Europe mon sac sur le dos, mon esprit vaguant.
Un projet pas comme les autres
Qui n’a jamais rêver de voyager libre comme l’air, sans limitation de temps, de destination, le plus proche des gens et en méditation permanente ? Plein de gens me diriez vous !! Pour moi, c’était une vieille promesse de jeunesse. Depuis tout petit, cela me trottait dans la tête : Faire le tour du monde et apprendre des autochtones. Les différences sociales entre les pays est une chose qui m’a toujours énormément intéressé. C’est alors qu’une opportunité s’offre à moi : Après avoir terminé mon dernier semestre d’école d’ingénieur, j’ai pris mon courage à deux mains, je ferai tout pour faire naître mon projet !
N’ayant devant moi que 3 mois, compliqué de faire le tour du monde, surtout à pieds. Mais pourquoi pas commencer par un petit tour de l’Europe ? Le programme d’origine était d’aller jusqu’en Serbie en auto-stop, puis remonter à pieds tout les pays jusqu’au Pays-Bas. Tout cela en laissant mes envies me guider.
Pour pousser la débrouille au maximum, l’argent que je gagnerai sur le trajet, grâce à mon ukulélé et ma voix, ne me servira que pour me nourrir.
Quel projet fou n’est-ce pas ? Comme je vais vous l’expliquer par la suite, il ne s’est pas déroulé exactement comme je l’imaginais …
Un départ tant attendu
Le 16 Février 2020, nous voilà partis à l’aventure. Depuis le temps que nous attendions ce moment. Je ne suis pas seul, mon ami Jason m’accompagne pour un petit bout de chemin. Nous laissons derrière nous notre confort pour s’engouffrer dans l’inconnu, en toute simplicité, les étoiles dans les yeux, des papillons dans le ventre. C’est une première pour nous, dans notre tête, notre imagination s’affole : Est-ce juste une grande randonnée? Allons nous tenir jusqu’au bout ? Tant de questions trottent dans notre tête.
En amont, nous avons soigneusement préparé nos bagages afin qu’ils soient les moins lourds possible tout en gardant l’indispensable, nous permettant de parcourir l’Europe de façon autonome. Au final, en comptant la nourriture, nous portons l’équivalent de 14 kg chacun.
Nice sera notre ville de départ. Nous y accédons en covoiturage. Je me souviendrai toujours de la tête du conducteur et celles des autres passagers lorsque nous leur expliquons notre projet. À la fois fascinés par notre absurde détermination, mais aussi fiers de nous amener sur le premier point du voyage.
Le départ sera marqué par une photo sur la plage de Nice. Les cheveux coupés et la barbe rasée, comme pour signer un renouveau !
Ces Aléas qui immortalises un voyage
Le voyage s’est découpé en cinq parties, et toutes des plus intéressantes : Comme il fallait se l’imaginer, rien ne s’est déroulé comme prévu. C’est sûr que lorsque l’on ne prévoit rien, il faut resté ouvert à toutes les éventualités !
Afin de lire en détail mon aventure journalière, je vous invite à me retrouver sur Polarsteps :
Nous sommes tout d’abord deux. Notre destination : l’Italie. Ne pas marcher seul en début de voyage est très utile, surtout lorsque c’est la première fois que vous voyagez de cette façon. Nous sommes si impatients de traverser notre première frontière et de dire bonjour à l’inconnu. Or, les premiers jours sont rudes. Il faut le temps de se faire les pieds !
Nous ne sommes pas déçus car des paysages venus des plus beaux fonds d’écran illustrent nos étapes. Notre environnement est sain, rustique et simple.De plus, nos premiers repas auprès du feu sont mémorables. Et pour plus de couleurs à nos plats, nous « empruntons » discrètement à des chèvres un poivron à moitié pourri trouvé dans un pâturage de montagne, ne nous jugez pas s’il vous plait 😉 !
Six jours de marche et d’auto-stop plus tard… Nous voila à Milan ! Nous décidons de nous séparer pour expérimenter la marche seul. Lui se dirigera vers la Suisse Française, quant à moi, je contournerai les Alpes en caressant la frontière Italienne et Suisse. Je ne sais pas lorsque l’on pourra se revoir, mais de sûr, nous aurons beaucoup à nous dire !
Me voilà seul, en Italie. Comment vais-je me débrouiller ? Je ne parle pas l’italien et mon anglais est approximatif. Il va falloir maintenant que j’expérimente mon mélange de langue Français-Portugais-Anglais. Mais dès le premier jour passé, l’appréhension n’existe plus. Même sans parler la langue, j’apprend beaucoup de chaque rencontre. Je comprend que la langue n’est plus une barrière à mes yeux.
Mon premier jour seul me sera toujours gravé comme une transition importante de mon périple. Je me réveil dans un chantier routier, je marche quelques heures dans une forêt de châtaigner où je me fais des provisions pour plusieurs jours. Puis je me baigne dans un grand lac pour me laver moi et mes vêtements. Je reprend la route pour me perdre dans un petit village où je demande mon chemin à une vieille dame. Mais lorsque je lui parle avec un Italien approximatif, elle me remplit un sac entier de gâteaux et de boissons. La Politesse des Italiens de campagne m’impressionne. Le soir, je rencontre un Suisse-Italien qui parle français. Il me propose de dormir sous un toit. En échange, je l’aide à ramener du fumier d’une écurie. Un loup s’arrête à un mètre de moi. C’était un loup domestique ! Tout ça en une journée, les autres sont tout autant évasives (toutes racontées sur Polarsteps).
Je pense à mon coéquipier. Rien qu’en Italie, l’hiver se fait sentir. Alors je n’imagine pas la Suisse. Cinq jours nous sépare. Je décide de l’appeler. C’est décidé, il rentre en France. Me voilà complètement seul.
Les nouvelles sont mauvaises. Le coronavirus est omniprésent en Italie. Même si les Italiens ne paraissent pas affolés, les appels de mes proches m’incitent à fuir au plus vite l’Italie. Cinq jours plus tard, je traverse la frontière Slovène.
Même à pied, la Croatie n’est pas loin. Je ne met qu’une seule journée pour y accéder. Marcher au bord de la Méditerranée est très plaisant. Les paysages sont mémorables. Mais je passe 6 jours et nuits sous la pluie et des vents intenses, mes débuts en Croatie sont difficiles en comptant les contrôles policiers et les animaux sauvages. Heureusement, je me suis habitué à dormir dehors. Mes nuits sont malgré tout assez réparatrices. Je trouve aussi de nouvelles techniques pour être pris en auto-stop qui me permettent de ne pas perdre de temps. Je me sens bien, proche de moi-même et de mon environnement. Finalement, je suis souvent seul mais jamais je me sens seul !
Cependant, les rumeurs me disent que les frontières commencent à se fermer à cause du virus. J’ai bien peur ne plus pouvoir traverser les pays comme je le souhaitais.
Me voilà bloqué en Croatie. Je ne me vois pas dormir dehors durant plusieurs mois. La solution me survient lors d’une discussion avec un croate : pourquoi ne pas proposer mon aide en tant que woofeur (volontaire) dans un village autonome ?! Par chance, on m’informe de la présence d’un village au centre de la Croatie. Nous sommes le 8 mars, j’arrive dans ce village où je suis accueilli chaleureusement.
Mon nouveau chez moi se situe dans une forêt Croate. Le village fait plus de 80 km de diamètre constitué que d’arbres et de fermes isolées. Les habitants (environ 150) y sont très agréables, et le travail ne manque pas comme couper du bois, faire des parterres de potager en permaculture, planter, arroser, cueillir, … C’est difficile et intense mais je me plais à me sentir utile.
Deux mois passent assez rapidement mais rien ne se prête à changer. Pour un aventurier, rester coincé est un calvaire, je pense que mon projet aurait pu s’appeler : « Je vais jusqu’en Croatie à pieds ». Mais il reste malgré tout très intéressant. Disons que mon confinement n’a pas été tant ressemblant à celui de mes amis français. Je reprendrai ma marche à la prochaine ouverture de frontière.
Nous sommes le 17 mai, je reçois un appel de l’ambassade Slovène : La frontière est enfin ouverte pour les Croates. Enfin !! Je fais mes bagages direction la France. Le seul moyen de retourner chez moi est de le faire à pieds et en auto-stop. Ça tombe bien, je suis entraîné là dessus ! Heureusement, ces mois de woofing à transporter du bois et des brouettes ont maintenu les muscles de mes jambes.
Le passage des Frontières est assez difficile. Plusieurs fois, je manque d’être bloqué. J’avance au bon vouloir des conducteurs qui me prennent. Étonnement, l’auto-stop fonctionne presque mieux durant cette période d’épidémie qu’avant, Si bien que j’arrive à traverser la Croatie, la Slovénie, l’Autriche et l’Allemagne en une seule journée !!
Au passage des villes Allemandes, c’est un choc pour moi : Des bâtiments immenses, du béton et du goudron, la foules de gens. Vivre dans une forêt à ne voir que très peu de personnes à changé ma vision de la vie.
Je passe la frontière française le 18 Mai. Reparler Français me parait si bizarre. j’ai même sans faire exprès demandé mon chemin en Anglais à une française !!
L’envie de rentrer chez moi se fait sentir. Je revois enfin ma famille qui m’a tant manqué. Le confort de dormir dans un lit et de prendre une douche chaude aussi.
J’écris cet article quelques mois après mon retour en France. Je suis parti dans le but de trouver les réponses à mes questions et j’ai eu la chance de pouvoir y répondre, mais ce ne fut pas un voyage facile.
Cependant, mon envie de remarcher librement me manque car étrangement, le manque de confort n’était pas si désagréable. Je me souviens d’un homme croisé sur mon parcours dire que « Lorsque l’on commence à voyager à pieds, on le fait toute sa vie ». C’est pourquoi fin septembre 2020, je ferai la grande marche de Compostelle, et pourquoi pas le faire pieds nus !!
Avant mon départ, les critiques et le jugement de mes camarades m’ont fait douter. En effet, partir à l’aventure à la place de conventionnellement trouver un poste en fin d’école était un choix discutable. Malgré tout ça, j’ai suivi mon instinct et ce fut une très belle expérience qui, à mes yeux, n’était pas une erreur, presque une nécessité. Je souhaite à quiconque ressente le besoin de réaliser ses projets, même les plus audacieux, de ne pas hésiter à se donner les moyens de le faire, la peur n’étant qu’un obstacle à vos envies.
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